Il y avait ce soir-là à la Java un mélange très intéressant de têtes connues et de sang neuf, et comme une ambiance de réunion de famille pour les amoureux de folk parisiens. Il faut dire que l’affiche avait de quoi faire sortir de leur tanière les folkeux les plus pointilleux…
La soirée commence un peu tard et c’est farwell Poetry qui ouvre. Plutôt habitués des fins de soirées à rallonge, ils nous offrent un set qui semble plus court, mais aussi plus dense, plus nerveux. Ca n’est peut-être qu’une impression, on n’a pas chronométré, mais on a l’impression qu’ils y gagnent en efficacité… On les retrouve en tout cas toujours aussi intenses, et on apprécie vraiment le final post-rock cinématique et surréaliste, digne de Man Ray.
Place aux premiers invités british de la soirée : Glissando, venus de Leeds. Leurs compositions folk principalement construites sur le piano sont fortement inspirées par la musique lyrique et religieuse : Il fait peu de doute qu’ils ont une solide formation classique. Le résultat est à la fois épuré et très bien composé, moderne, digne, sobre et très touchant. Si la structure rappelle fortement les gospels, leurs compositions sont des petites perles de poésie tantôt naïve et tantôt presque païenne. La voix du bassiste se marie joliment à celle de la pianiste, pendant qu’il fait sonner sa basse comme un violoncelle, et que la batteur joue de l’archet sur ses cymbales … une grande leçon de classe.
Il est partout, il est increvable, il ne dort jamais : Dave Olliffe, le marathon man de la telecaster, est un héros. Une heure après son set avec Farewell Poetry, avec deux semaines de tournées dans les pattes, le revoilà avec Heligoland, visiblement ravis d’être sur scène. Il semble que tourner leur réussit : ils nous servent un set énergique qui réveille le public après la performance très belle mais pas très remuante de Glissando.
L’heure tourne, et il est déjà (trop) tard quand montent sur scène Trespassers William. Ils sont la preuve que la famille folk a des cousins partout et qu’on sait faire autre chose à Seattle que du grunge pour ados. Le duo Matt Brown / Anna-Lynne Williams invite Richard de Glissando aux choeurs et nous donne une grande leçon de live. Car dès le premier titre on comprend pourquoi ils ne sont que deux : avec une voix comme ça, pourquoi mettre des fioritures ? Guitare sur les genoux, Anna-Lyne, nous emmène : tant pis pour le dernier métro. Leurs musique est sincère et d’une grande simplicité : elle n’en est que plus pure. Les accords légers laissent toute la place aux voix. Quelques percussions légères pour la forme…
Je sais qu’on m’a jeté un sort : je suis encore sous le charme.



















C’est la qualité premier de Farewell Poetry, cette impression de voir et d’entendre quelque chose de différent tant c’est « richement complexe ».
Trespassers William il suffit d’une fois pour être subjugué.
Le lendemain à l’after party on a été vraiment gâté car il y avait quasiment tous les artistes des trois jours de festival. Un vrai privilège.