The BeWiTcHeD hAnDs On ThE tOp Of OuR hEaDs au Scopitone

Dans un bar, boulevard des Italiens, 22h. J’arrive à la caisse pour payer mes consommations lorsque: le serveur s’écrie en regardant sa terrasse, « C’est elle, je suis sur que c’est elle », devant ma perplexité il précise, « la fille là bas c’est ma toute première cliente, on a eu une très belle amitié avec des lettres ». Je me retiens de faire un mot d’esprit sur les vertus de l’alphabet, parce que ce soir, c’est concert au Scopitone, avec les BeWiTcHeD hAnDs On ThE tOp Of OuR hEaDs (en broken case parce que c’est tellement plus cool) et je ne veux pas être en retard. Pendant la longue marche, je me remémore la biographie du groupe, ils viennent de Reims, ils ont collaboré avec Yuksek; ils sont 7, soit nettement moins que les groupes du même créneau, 29 pour les I m from Barcelona (de Jönköping) ou les 22 ou 23 des Polyphonic Spree (de loin).
J’arrive au Scopitone, pas trop de monde dehors, la rue est calme. La salle par contre est bondée, comme pour les grands concerts, ça va être dur de se rapprocher pour prendre des photos. Le groupe se fait un peu attendre, il fait super chaud dans la salle mais je résiste à la tentation d’aller chercher une boisson, c’est la fin du mois donc restrictions budgétaires, et je n’ai toujours pas envie hypothéquer un rein pour m’offrir a boire.
Le concert commence enfin. Le premier morceau est un excellente entrée en matière, un joli morceau à la Beach Boys (tout simplement). Les premières chansons sont très agréables, avec plein des choeurs avec un accent français, on sent le set très pro et très rodé.

Le public du Scopitone est ce soir un peu différent de l’habituel cortège des after work du secteur financier, sans doute un effet du vendredi et du style de musique de ce soir. Les morceaux s’enchainent sans trop de pause, pas de blabla ou de stand-up entre les morceaux, les Bewitched sont là pour jouer, pas pour nous ennuyer avec des anecdotes de folkeux pénibles; et c’est tellement mieux. Sixième chanson déjà et c’est l’impeccable Work, tube intergalactique incroyablement addictif, une jolie version que le public semble beaucoup apprécier. Le morceau suivant, le fan club, que je n’avais pas remarqué au début, reprend à tue tête les paroles du refrain, bientôt avec le succès le groupe n’aura même plus besoin de chanter.
Les chanteurs et chanteuse du groupe se passent le témoin, tout le monde chante, notamment dans une très chouette chanson où ils viennent tous sur le devant de la scène. Le concert passe vraiment très très vite, pas le temps de s’ennuyer, même si parfois des morceaux sont un peu mous au départ, mais l’incroyable chanteur aux yeux fiévreux nous fait une leçon de charisme en musique et insuffle un peu plus de flamme. Au fil des morceaux, d’autres influences se font sentir, un mélange entre le psychédélisme de Grandaddy et le son brut de Creedence. A coté de moi un type très connaisseur dit à une fille « moi je pense que c’est un groupe qui va faire beaucoup de concerts dans le futur », c’est tout ce que je souhaite pour passer encore d’aussi bons moments !

Arrive la fin du concert, après une chanson INCROYABLE (et je pèse mes mots hein, je ne m’enflamme même pas). Et c’est le passage obligé des rappels, ils reviennent donc avec quelques chansons bonus, qui nous permettent de passer encore un peu de temps avec eux. Puis la fin du concert, je remonte vers l’avenue de l’Opéra, les oreilles un peu fatiguées par le son très fort de ce soir (je m’en étais pas rendu compte sur le coup, sans doute trop hypnotisé par le set). Je peux rentrer chez moi, l’esprit plein de vision positives, entre le lens flare dans les cheveux d’une fille en bikini et le soleil scandinave entre les arbres. Et même pas besoin d’écouter de la musique dans le métro, j’ai la tête bien trop remplie d’une multitude d’harmonies vocales et de mélodies.

Et aussi, en bonus, quelques vidéos parce que hein ça se partage tout ça.
D’abord une chanson aux Transmusicales 2008.

Et « Work ». A la plage, ou presque.

A propos de l'Auteur

Tête à claques, passionné de musique, étourdissant d'ubiquité et de mauvaise foi, amateur de pop ensoleillée et de bière fraîche, aussi DJ à ses heures, rédacteur heureux de Not For Tourist depuis mars 2009, et fan absolu de Notwist, d'Animal Collective et de Bewitched Hands on Top of our Heads.